Le pH est une mesure logarithmique de la concentration en ions H⁺ d’une solution : pH = − log [H⁺]
Cela signifie qu’une différence de 1 unité de pH correspond à un facteur 10, et qu’une différence de 2 unités correspond à un facteur 100.
Exemple : Une solution à pH 4 contient donc 100 fois plus de H⁺ qu’une solution à pH 6 ( autrement dit, 100 fois plus acide).
C’est pourquoi le pH ne doit jamais être considéré comme une simple valeur secondaire dans le pilotage de la fertirrigation.
Pour la majorité des cultures hors plantes acidophiles, nous pouvons retenir comme repères pour la solution d’apport :
- Zone optimale : pH 5,3 – 6,3
- Zone acceptable : pH 5,0 – 6,6
- Zone à risque : 6,7
- pH 8,0 : risque important de dommages et de fortes perturbations de l’absorption des éléments nutritifs
Pourquoi le suivi régulier est-il si important ?
Un pH anormalement bas ne provoque pas uniquement un déséquilibre nutritionnel temporaire. Une acidité excessive autour des racines peut endommager les tissus racinaires et les poils absorbants, avec des conséquences qui peuvent persister même après correction du pH.
La sécurité du système de fertirrigation est donc essentielle.
Une unité de fertirrigation moderne devrait idéalement disposer de deux sondes pH, permettant une double vérification permanente de la mesure. En cas de valeur aberrante ou de divergence importante entre les deux sondes, le système devrait disposer d’une alarme prioritaire capable de bloquer l’irrigation, plutôt que d’envoyer pendant plusieurs cycles une solution potentiellement dangereuse aux plantes.
Ces sondes doivent également être calibrées régulièrement, idéalement chaque semaine, avec des solutions tampons adaptées.
Enfin, même avec une automatisation complète, un pH-mètre indépendant reste un excellent outil de contrôle terrain pour effectuer quotidiennement des mesures manuelles du pH de la solution d’apport et du drainage.
Unité moderne de fertirrigation (à gauche) et sonde sans fil de suivi du substrat (à droite)
